France, Avril 2009
Il est 14:30. Le soleil s'est levé depuis bien longtemps, contrairement à moi. Levé depuis sept minutes, l'ordinateur allumé, session MSN ouverte. Neuf jours que je suis en vacances. Théoriquement, elles ont été crées pour se reposer. Alors pourquoi est ce que je me tue à lire ces 52 messages dans ma boîte de réception électronique ? Il y a vingt heures, elle était vide. Il n'y a aucun spam sur cette session. Je peux vous jurer que ce ne sont que des mails de mes -nombreux- contacts. La plupart me demandent des photos de moi. Les filles vont être servies ; j'ai passé la nuit sur la création de mon site photos. Hop, 47 messages de résolus & Cinq messages restants non lus. Quatre sont adressés par ma 'garde rapprochée'. Des amies qui sont toujours avec moi, et qui ne me regardent pas d'un ½il amoureux, mais amical. Elles sont dans la même école que moi. Nous sommes soudés. Zoey, Amy, Liza & Anne. Leurs messages me demandent si je suis disponible dans la semaine pour leur offrir un cinéma. Les quatre messages sont identiques, mis à part l'expéditeur. Je ne peux m'empêcher de soupirer. La journée que je leur accorderais risquait d'être fatiguante, mais tellement amusante... Un message non lu restant. En lisant le nom de la personne qui me l'a envoyé, mon c½ur cessa de battre. John. Je cliquai pour ouvrir le message, tout en me forçant à respirer convenablement. Ce que je lus me fit sourire à pleines dents (J'ai déjà fait une fois ce sourire à une fille, et elle a fondu en larmes, allez savoir pourquoi...) Seulement ces quelques mots : «Quand tu auras terminé de lire tes mails, viens me parler : Je suis en ligne.» suffisent à me rendre heureux.
John connecté sur msn, me demande de venir lui parler. Tous deux, nous nous connaissons depuis tellement longtemps que j'ai arrêté de compter les années. C'est mon meilleur ami, il est encore plus populaire que moi. Pas plus beau, juste plus sociable avec les gens. Je ne sais pas si je me fais des idées, mais il se passe un 'truc' dans notre relation amicale. Vous ne trouvez pas que dans son e-mail, il y a un sous-entendu sexuel ? [...] Il ne sait pas que je suis gay. Personne ne sait. Personne ne doit savoir.
[...]
Il est à présent 21:52. Toute cette journée a été dédiée à John. Je n'ai pas cessé de lui parler par messagerie instantanée. Nous avions tous deux la caméra branchée, et le micro allumé. Mais nous avons dialogué uniquement par écrit. Je ne vous retransmettrai pas les paroles que l'ont s'est échangées pour deux raisons. De un, c'est une conversation privée. Et de deux, on a rien dit d'intéressant, uniquement des débilités. Ce que je peux vous dire c'est qu'à 22:30, je serai dans sa maison. Il m'a invité à passer la nuit chez lui.
Me voilà au seuil de sa porte. Je suis en avance. Je ne veux pas sonner sur le carillon d'entrée. Je ne veux pas tomber sur ses parents. En réalité, je deviens paranoïaque en présence d'adultes. J'ai toujours peur que mon homosexualité se voit dans mes gestes ou ma façon de parler. C'est faux bien sûr. Personne ne pourrait le deviner. Même mes parents ne se doutent de rien. Faut-il dire aussi que je les évite ? Je ne sais rien sur eux, je ne vois pas pourquoi ils en sauraient plus sur moi. Ma mère est présidente directrice générale d'une grande entreprise, et mon père travaille dans la musique. Je ne sais pas exactement ce qu'il fait. Je crois qu'il aide les nouveaux talents, quelque chose comme ça. A moins qu'il ne s'occupe du partenariat entre les groupes et les maisons de disques ? Pour dire vrai, je m'en fiche. Ce qui m'importe, c'est qu'ils gagnent tous deux beaucoup d'argent. Leur rôle est juste de m'entretenir, bien que ma mère essaie toujours -en vain- d'établir un lien affectif entre nous. En tous cas, elle a accepté que j'aille chez John. Parce que John, elle sait qu'il est important pour moi. Elle ne sait pas à quel point. Tant pis, je ne vais pas lui faire un dessin.
A 22:29, celui-ci ouvrit sa porte d'entrée, me tirant de mes pensées. Il a un maigre sourire aux lèvres. Quelques mots :
« J'étais sûr que tu étais là... »
Et me voilà qui rentre dans sa maison. (Qui est, en passant, un peu plus belle que la mienne.) Après quelques marches d'escaliers escaladés, je balance mon sac à dos en travers de sa chambre et m'étale sur son lit autant que je peux. Je regarde mon sac. Il n'y a pas grand chose dedans. Juste une brosse à dents, du maquillage et quelques habits de rechange, au cas où j'en aurai besoin. Je regarde John. Il a l'air content que je sois là. Il a toujours l'air heureux. Il a beau s'afficher en homme comblé, ce n'est pas pour autant qu'il l'est réellement. Aujourd'hui, sur MSN, il n'a pas arrêté de débiter des ânneries. Encore plus que d'habitude. Comme s'il se voilait la face. Quelque chose de mauvais lui arrive. Je le sens. Je connais John. Il ne m'a pas demandé de rester avec lui cette nuit sans aucune raison.
Prenant mon courage à deux mains, je me redresse sur le lit. Puis je me lève, doucement, guettant une réaction de mon ami. Il est à deux pas de moi. Je me rapproche de lui. A présent, il est tout près. Son corps est si proche. Je le prends dans mes bras. Juste une étreinte. Une très longue étreinte. Je l'enlace de mes bras. Et je sens que lui aussi me serre. Je suis sûr qu'il sent mon c½ur qui bat à toute vitesse. John a posé sa tête contre mon épaule. Pendant près d'une dizaine de minutes, nous sommes restés comme ça. Il sait que je serai toujours là pour lui. Je ne sais pas s'il pleure. Je ne pense pas. Il a sûrement les larmes aux yeux, mais John ne pleure jamais. Après de longues minutes de silences, je l'entendis chuchoter dans mon oreille :
« Mes parents divorcent . »
Aïe. John est très soudé avec ses parents. Ce sont comme les maillons d'une chaîne. Ce doit être une épreuve très dure pour lui. Personnellement, mes parents divorcent, je m'en fiche. Mais lui, c'est vraiment différent. S'il est plus populaire que moi, c'est parce qu'il est beaucoup plus humain. Ses sentiments l'emportent très souvent dans des situations impossibles. Je ne suis pas doué avec les mots, alors je ne dis rien pour le réconforter. Il sait que je suis comme ça. Beaucoup plus tard, John me lâcha. Il me fit signe de m'asseoir sur le lit. Ce que je fis. Je ne pouvais pas dire non à John. Surtout quand il était aussi malheureux que maintenant. Je ne voulais pas le décevoir. John me demanda de fermer les yeux. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Bientôt, je sentis ses lèvres contre les miennes. Un baiser. Comme Zoey me l'avait dit, John embrassait très bien. D'ailleurs il me laissa sur ma faim. J'aurai tant voulu continuer de l'embrasser. Mais il s'était retiré. J'ouvris les yeux et regarda l'homme devant moi. C'était le vrai John que j'avais à présent en face. Celui que je connaissais le mieux, et non l'enfant déchiré par la séparation de ses parents. Je souris. John ne voulait pas que notre baiser prenne de l'ampleur. Pourtant, moi si. Mais c'était lui qui dirigeait. Dans l'histoire, j'étais le soumis. Espérons que d'ici peu, il y ait changement de rôle...
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Premier Chapitre =D
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